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Une attaque contre le monastère Saint-Jacques ravive les inquiétudes face à la multiplication des actes anti-chrétiens à Jérusalem

Crachats, jets de pierres et insultes
Une attaque contre le monastère Saint-Jacques ravive les inquiétudes face à la multiplication des actes anti-chrétiens à Jérusalem

Jérusalem, Sanad Sahelia, Nabd ElHaya - Six Israéliens ont attaqué le monastère Saint-Jacques, situé dans le quartier arménien de la Vieille Ville de Jérusalem, aux premières heures du dimanche 2 août 2026. Les assaillants ont craché à l'entrée du monastère, frappé à ses portes, puis lancé des pierres contre le domicile d'une Arménienne qui documentait les faits. Ils l'ont également prise à partie en proférant de violentes insultes, dans ce que les responsables des Églises décrivent comme le dernier épisode d'une série croissante d'agressions visant les chrétiens et leurs lieux saints à Jérusalem.

Selon le Patriarcat arméni en de Jérusalem, les agresseurs ont craché à plusieurs reprises à l'entrée du monastère avant de s'en prendre à une habitation voisine. Ils ont lancé des pierres qui ont brisé une fenêtre et ont insulté la femme, notamment en lui criant : « Rentre chez toi, fille de prostituée. » L'attaque a provoqué un mouvement de panique parmi les habitants du quartier.

La police israélienne a indiqué être intervenue immédiatement après le signalement des faits. Les enquêteurs ont exploité le réseau de vidéosurveillance « Mabat 2000 », qui couvre la Vieille Ville, avec le concours des policiers du commissariat de Kishle. Les forces de l'ordre ont rapidement identifié et arrêté six suspects, dont cinq mineurs et un adulte.

Trois suspects ont été présentés devant le tribunal de première instance de Jérusalem, le parquet ayant demandé la prolongation de leur détention. Les trois autres ont été remis en liberté sous conditions, notamment avec une interdiction d'accéder à la Vieille Ville pendant quinze jours. L'enquête se poursuit.

Le Patriarcat arménien demande la reconnaissance de crimes de haine

Le Patriarcat arménien a condamné cette attaque, estimant qu'elle ne constitue pas un incident isolé, mais s'inscrit dans une escalade des violences et des actes d'intimidation dirigés contre les chrétiens et les lieux saints chrétiens de Jérusalem.

Le Patriarcat a indiqué avoir déposé une plainte officielle auprès des autorités israéliennes et appelé l'ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, à condamner publiquement ce qu'il qualifie de « crimes de haine croissants contre les chrétiens à Jérusalem ». Il a également exhorté le gouvernement israélien à reconnaître officiellement ces agressions comme des crimes de haine.

« Nous appelons une nouvelle fois le gouvernement israélien à qualifier ces actes de crimes de haine. Ils sont considérés comme tels partout dans le monde occidental. Pourquoi ne le sont-ils pas ici ? », déclare le Patriarcat.

Au moment de la publication de cet article, Mike Huckabee ne s'était pas exprimé publiquement sur cette affaire. Il s'était auparavant rendu dans la ville chrétienne palestinienne de Taybeh, après une attaque survenue près de l'église historique Saint-Georges, où il avait affiché sa solidarité avec la communauté chrétienne locale.

Des agressions devenues récurrentes

Plusieurs médias israéliens, parmi lesquels The Jerusalem Post et l'Agence nationale de presse israélienne, ont rendu compte des arrestations et des procédures judiciaires engagées. Quelques jours auparavant, Yedioth Ahronoth publiait une enquête concluant que les crachats contre les membres du clergé chrétien, les attaques contre les églises et le harcèlement des processions religieuses ne relevaient plus d'incidents isolés, mais constituaient désormais un phénomène récurrent dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Ces constats rejoignent ceux du rapport annuel 2025 du Rossing Center for Education and Dialogue, qui a recensé 61 agressions physiques contre des membres du clergé et des fidèles chrétiens, 52 actes de vandalisme contre des biens appartenant aux Églises, 28 cas de harcèlement lors de processions religieuses et 14 dégradations de panneaux et de signalétiques liés aux Églises.

Des données publiées par une organisation spécialisée dans le suivi de la liberté de religion montrent également que le Patriarcat arménien est l'institution chrétienne la plus fréquemment visée dans la Vieille Ville. Près de la moitié des crimes de haine recensés entre avril et juin 2025 ont été commis dans le quartier arménien.

La qualification juridique en question

La rapidité des arrestations relance le débat sur la qualification pénale de cette affaire. Les autorités israéliennes retiendront-elles la qualification de crime de haine visant une communauté religieuse, ou se limiteront-elles à des poursuites pour dégradations et troubles à l'ordre public ?

Depuis plusieurs années, les responsables des Églises de Jérusalem réclament une application plus rigoureuse de la législation relative aux crimes de haine, estimant que la faiblesse des poursuites favorise la répétition des attaques contre le clergé, les églises et les lieux saints chrétiens.

L'un des plus anciens monastères chrétiens au monde

Situé au cœur du quartier arménien, l'un des quatre quartiers historiques de la Vieille Ville de Jérusalem, le monastère Saint-Jacques est le siège spirituel et administratif du Patriarcat arménien de Jérusalem.

La présence arménienne à Jérusalem remonte au IVᵉ siècle. La Fraternité de Saint-Jacques, installée dans le monastère depuis des siècles, figure parmi les plus anciennes institutions chrétiennes au monde à avoir exercé leurs activités sans interruption. L'ensemble monastique abrite une église historique, des bibliothèques réputées et de précieux manuscrits qui constituent une part essentielle du patrimoine religieux et culturel de Jérusalem.

Cette nouvelle attaque intervient alors que les Églises et plusieurs organisations de défense des droits humains mettent en garde contre la multiplication des atteintes visant la présence chrétienne à Jérusalem. Les responsables religieux appellent une nouvelle fois à renforcer la protection des lieux de culte et à poursuivre les auteurs de ces violences, afin de préserver la liberté de culte et le caractère religieux, historique et pluriel de Jérusalem.